
LA NASA VISE UN RETOUR SUR LA LUNE APRÈS 56 ANS : ARTEMIS 2028
Artemis II est achevée. La NASA vise un essai orbital en 2027 et un alunissage en 2028 : équipages, technologies, pôle Sud, coûts et risques.
Illustration éditoriale générée par IA, fournie pour PRESDA. Ce portrait imaginé n’est pas une photographie authentique de la NASA et ne représente pas une affectation officielle de mission.
La NASA vise le début de 2028 pour Artemis IV, la mission destinée à ramener des astronautes sur la surface lunaire. Au 18 octobre 2026, il s’agit d’un objectif de planification, non d’une date garantie. Artemis II a déjà transporté un équipage autour de la Lune et jusqu’à la Terre ; Artemis III doit désormais effectuer une démonstration en orbite terrestre en 2027. Confondre ces missions transforme un programme exigeant en compte à rebours trompeur. Source: nasa.gov
Les 56 ans du titre correspondent à l’écart entre les années 1972, celle d’Apollo 17, et 2028. Ils ne signifient pas que les humains soient restés près de la Terre pendant toute cette période : le survol lunaire d’Artemis II en 2026 a changé la situation. L’étape encore à accomplir est un alunissage habité, suivi d’un décollage et d’un retour sûrs. Survoler un monde et y séjourner nécessitent des machines et des procédures différentes.
Le long intervalle après Apollo 17
En décembre 1972, Eugene Cernan et Harrison Schmitt explorent Taurus-Littrow tandis que Ronald Evans reste en orbite. Apollo 17 clôt six expéditions ayant réussi à alunir. Contraintes budgétaires et nouvelles priorités politiques mettent fin au programme ; les vols ultérieurs prévus sont annulés. Cette interruption ne prouve nullement l’impossibilité des premiers alunissages. La production, les équipes spécialisées et les financements ne restent pas disponibles indéfiniment après un exploit. Source: nasa.gov
Apollo a laissé un patrimoine scientifique toujours étudié. Notre analyse des théories du complot sur les alunissages examine les échantillons, le suivi des missions et les photographies. Artemis pose une autre question : un réseau d’agences publiques et de fournisseurs commerciaux peut-il rendre les opérations lunaires régulières, au-delà d’une visite spectaculaire ?
Artemis I : éprouver le système intégré
Artemis I décolle le 16 novembre 2022 et revient le 11 décembre. Ce vol sans équipage teste ensemble la fusée Space Launch System, le vaisseau Orion et les opérations au sol pendant un voyage autour de la Lune. Il démontre leur capacité à quitter la Terre, fonctionner dans l’espace lointain et ramener Orion. Il ne teste aucun alunissage et ne transporte aucun astronaute. Source: nasa.gov

Artemis I décolle du centre spatial Kennedy le 16 novembre 2022.
Réutilisation éditoriale NASA. Redimensionnement et conversion WebP par PRESDA. Composition intégrale conservée. La réutilisation suit la licence propre à chaque image.
Ce succès n’implique pas que chaque composant ait réagi exactement comme prévu. Le bouclier thermique d’Orion perd davantage de matière carbonisée qu’attendu, entraînant enquêtes et essais. Pour Artemis II, la NASA modifie la trajectoire de rentrée afin de réduire le temps passé dans la plage de températures associée à ce comportement. Les essais servent justement à identifier les problèmes. Source: nasa.gov
Artemis II : un survol lunaire habité accompli
Artemis II décolle le 1er avril 2026 et amerrit le 10 avril. Les astronautes de la NASA Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch voyagent avec Jeremy Hansen, de l’Agence spatiale canadienne. La NASA indique neuf jours, une heure et 32 minutes de mission. Ce premier vol habité d’Orion éprouve les opérations humaines au-delà de l’orbite terrestre ; il ne constitue pas un alunissage. Source: nasa.gov

Récupération après l’amerrissage d’Artemis II dans le Pacifique, le 10 avril 2026. Plongeurs et équipes assistent l’équipage.
Réutilisation éditoriale NASA. Redimensionnement et conversion WebP par PRESDA. Composition intégrale conservée. La réutilisation suit la licence propre à chaque image.
Le rapport scientifique préliminaire publié par la NASA le 7 octobre décrit notamment cinq éclairs d’impact observés et de subtiles variations de couleur du sol. Ces observations permettent de comparer la perception humaine aux données instrumentales et de préparer les équipages aux éclairages lunaires difficiles. Elles ne démontrent ni l’existence de réserves de glace exploitables ni la possibilité d’approvisionner déjà une base localement. Source: science.nasa.gov
Le 15 octobre, la NASA annonce que l’analyse confirme le comportement attendu du bouclier thermique d’Artemis II, avec moins de fissures et de pertes de matière carbonisée que pour Artemis I. C’est un résultat acquis important. Il ne certifie toutefois ni les atterrisseurs, ni les combinaisons de surface, ni toutes les configurations futures. Un retour réussi valide le système effectivement utilisé dans ses conditions de vol. Source: nasa.gov
Artemis III en 2027 : répétition en orbite terrestre
Selon le programme révisé, Artemis III doit démontrer des systèmes essentiels en orbite terrestre basse. Orion doit pratiquer rendez-vous et amarrages avec un ou deux systèmes d’atterrissage commerciaux développés par SpaceX et Blue Origin. La NASA envisage aussi l’évaluation des interfaces entre combinaisons et atterrisseurs. Ces essais restent à réaliser. Les articles présentant Artemis III comme le premier alunissage décrivent un calendrier antérieur. Source: nasa.gov Source: nasa.gov
L’équipage annoncé comprend le commandant Randy Bresnik, le pilote Luca Parmitano de l’ESA et les spécialistes de mission de la NASA Andre Douglas et Frank Rubio. Ils sont affectés à la démonstration Artemis III, et non automatiquement à l’alunissage de 2028. L’illustration d’ouverture est signalée comme générée par IA : elle n’est ni un portrait officiel de cet équipage ni une preuve de vol accompli. Source: nasa.gov

L’astronaute de l’ESA Luca Parmitano lors de l’annonce de l’équipage d’Artemis III à Houston, le 9 juin 2026.
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Artemis IV en 2028 : l’objectif d’alunissage
La page actuelle d’Artemis IV prévoit quatre astronautes dans Orion, dont deux descendraient à bord d’un atterrisseur habité pour passer environ une semaine près du pôle Sud lunaire. Ils rejoindraient ensuite leurs collègues en orbite avant le retour sur Terre. Le lancement est visé pour début 2028. Chaque étape dépend de l’état de préparation, pas seulement du calendrier. Source: nasa.gov
Lancement, transit, rendez-vous, amarrage, transfert, descente, opérations au sol, remontée et rentrée doivent tous réussir. Un retard sur un atterrisseur ou une combinaison indispensable peut décaler l’ensemble même si Orion et SLS sont prêts. Il faut donc lire le calendrier comme une suite de jalons à franchir, chacun autorisant l’étape suivante.
Orion, SLS et le partenariat international
SLS lance Orion et son équipage ; Orion assure leur transport et leur retour. Ce n’est pas lui qui se pose sur la Lune. L’ESA fournit son module de service européen, chargé de la propulsion, de l’électricité, du contrôle thermique, de l’air et de l’eau. L’Europe participe ainsi à l’infrastructure opérationnelle du vaisseau. Source: esa.int

Orion et un croissant de Lune, photographiés par une caméra de panneau solaire le 2 décembre 2022 pendant Artemis I.
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Le programme associe opérations NASA, contributions internationales et contrats industriels. SpaceX et Blue Origin développent des atterrisseurs habités ; Axiom Space développe la combinaison de surface citée dans le programme Artemis IV. Une tenue orange de lancement et de rentrée n’est pas une combinaison d’exploration lunaire : marcher sur la Lune exige mobilité, protection thermique, maintien en vie et résistance à la poussière abrasive. Une photographie ne démontre pas une certification. Source: nasa.gov
Pourquoi le pôle Sud lunaire ?
Apollo explorait des sites éloignés des pôles. Le Sud offre des terrains anciens et des zones d’ombre permanente capables de conserver des substances volatiles. Le Soleil très bas produit des ombres profondes qui compliquent la navigation visuelle. Des secteurs éclairés peuvent côtoyer des terrains extrêmement froids et sombres, sans que la région soit uniformément ensoleillée ou facile à parcourir. Source: nasa.gov
Les missions lunaires ont apporté des preuves de glace d’eau dans les zones d’ombre permanente. Elle pourrait renseigner sur l’histoire de l’eau dans le Système solaire et, à terme, fournir de l’eau potable ou de l’oxygène et de l’hydrogène. Mais détecter de la glace ne revient pas à disposer d’une mine. Concentration, accessibilité, énergie d’extraction et fiabilité des machines au froid restent à établir. Source: science.nasa.gov
Une base ne se résume pas à une photographie d’alunissage
L’initiative Moon Base de la NASA vise une activité durable près du pôle Sud, nécessitant énergie, communications, mobilité, habitats et ravitaillement. En 2026, l’agence privilégie les infrastructures de surface ; le Government Accountability Office rapporte son intention de suspendre la capacité initiale de Gateway. Les anciens schémas présentant cette séquence comme inchangée doivent donc être replacés dans leur contexte historique. Source: nasa.gov Source: files.gao.gov
Explorer durablement signifie entretenir les équipements, gérer la poussière, remplacer les pièces et accueillir des équipages successifs. Les ressources locales pourraient réduire les cargaisons terrestres, mais cela reste un objectif technique et logistique. Un premier alunissage réussi ne crée pas à lui seul un établissement autonome.
NASA et Chine : des ambitions concurrentes
La Chine poursuit aussi un projet d’alunissage habité. Un compte rendu gouvernemental de mai 2026 réaffirme l’objectif de 2030, parallèlement au programme robotique. Les plans officiels antérieurs décrivent la fusée Longue Marche 10, un vaisseau habité, un atterrisseur et des équipements de surface. Ces objectifs ne garantissent aucune date, tout comme la cible américaine de 2028 n’est pas un accomplissement. Source: english.gov.cn Source: english.gov.cn
La concurrence peut renforcer financement et attention politique, mais elle ne remplace pas les essais. Une comparaison utile examine les démonstrations accomplies, les matériels à qualifier et le soutien prévu après la première visite. Désigner un vainqueur à partir de deux années cibles confond ambition et réalisation. La science dépend aussi des mesures effectuées et partagées.
Le coût et les risques derrière la date
En mars 2026, l’inspection générale de la NASA rapporte que le programme Human Landing System a engagé 6,9 milliards de dollars depuis 2019 et estime ses dépenses à 18,3 milliards jusqu’à l’exercice 2030. Ces chiffres concernent les atterrisseurs, pas tout Artemis ni un seul alunissage. L’audit souligne des risques de calendrier et de sécurité, dont les difficultés de développement et l’absence de capacité de secours pour certaines urgences. Source: oig.nasa.gov
Des systèmes complexes doivent coopérer loin des possibilités de réparation et d’évacuation. Gestion des ergols, amarrage, précision d’atterrissage, maintien en vie et remontée sont des jalons distincts. Rayonnements, poussière et températures extrêmes s’y ajoutent. L’architecture de SpaceX nécessite aussi des opérations orbitales exigeantes sur les ergols. Le calendrier dépend des démonstrations, des financements et de la production. Un contrat ou l’essai réussi d’un sous-système ne certifie pas toute la mission.
Ce que signifierait le retour
Artemis doit acquérir de l’expérience pour de plus longs voyages, dont de futures missions humaines vers Mars. Les opérations lunaires peuvent enseigner l’autonomie, la maintenance, les habitats et l’emploi des ressources locales. La Lune ne reproduit pourtant pas Mars : distance, délais de communication, atmosphère et possibilités de retour diffèrent. L’apprentissage réduit certaines incertitudes sans supprimer les risques suivants. Source: nasa.gov
La question décisive pour 2028 est celle des essais accomplis, de la fiabilité et de la préparation opérationnelle. Artemis I et II sont des réussites documentées. Artemis III et IV représentent les prochaines étapes envisagées. Maintenir cette distinction permet de préserver l’ambition sans transformer un objectif en certitude.
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